Para continuar con Proust.

Ahora me dejo venir con una sarta de reflexiones filosóficas que he escogido de este autor en su "Tiempo Recuperado", de "En Busca del Tiempo Perdido".

...car notre destin n’est pas toujours ce que nous avions cru
...porque nuestro destino no siempre es el que habíamos pensado

Celle qui a tort croit cependant avoir raison... et celle qui a raison donne parfois de son bon droit des arguments qui ne lui paraissent irréfutables que parce qu’ils répondent à sa passion.
El que está equivocado cree tener razón... y el que tiene la razón se pone a veces a dar ingenuamente argumentos que le parecen irrefutables meramente porque responden a su pasión.

...nos pensées ne s’accordent pas toujours avec nos paroles.
...nuestros pensamientos no siempre concuerdan con nuestras palabras.

Naturellement, les choses n’ont pas en elles-mêmes de pouvoir, et puisque c’est nous qui le leur confions...
Naturalmente, las cosas no tiene poder por sí mismas, somos nosotros quienes se lo damos...


Mais c’est quelquefois au moment où tout nous semble perdu que l’avertissement arrive qui peut nous sauver: on a frappé à toutes les portes qui ne donnent sur rien, et la seule par où on peut entrer et qu’on aurait cherché en vain pendant cent ans, on y heurte sans le savoir et elle s’ouvre.

Pero a veces, en el momento en que todo nos parece perdido, aparece el hecho que nos puede salvar: hemos tocado todas las puertas que no dan a parte alguna e inadvertidamente tropezamos contra la única por donde se puede entrar y ella se nos abre.

Tant de fois, au cours de ma vie, la réalité m’avait déçu parce que, au moment où je la percevais, mon imagination, qui était mon seul organe pour jouir de la beauté, ne pouvait s’appliquer à elle, en vertu de la loi inévitable qui veut qu’on ne puisse imaginer que ce qui est absent. 
Tantas veces en la vida me había decepcionado la realidad, porque en el momento en que la percibía, mi imaginación, mi único órgano para gozar de la belleza, no podía prestarle atención, en virtud de la inexorable ley que dicta que no se puede imaginar sino lo que está ausente.

...la déception du voyage, la déception de l’amour n’étaient pas des déceptions différentes, mais l’aspect varié que prend, selon le fait auquel il s’applique, l’impuissance que nous avons à nous réaliser dans la jouissance matérielle, dans l’action effective.
...la decepción del viaje, la decepción amorosa no eran cosas diferentes sino variaciones de aspecto que toma, según el hecho al que se aplique, la impotencia que tenemos para realizarnos en el gozo material, en la acción efectiva.

Certains esprits qui aiment le mystère veulent croire que les objets conservent quelque chose des yeux qui les regardèrent, que les monuments et les tableaux ne nous apparaissent que sous le voile sensible que leur ont tissé l’amour et la contemplation de tant d’adorateurs pendant des siècles. Cette chimère deviendrait vrai s’ils la transposaient dans le domaine de la seule réalité pour chacun, dans le domaine de sa propre sensibilité.
Ciertos espíritus amantes del misterio quieren creer que los objetos conservan algo de los ojos que los miraron, que los monumentos y los cuadros no se nos aparecen sino bajo el velo sensible que les han tejido el amor y la contemplación de tantos adoradores durante siglos. Esta quimera se haría cierta si ellos la transpusieran al exclusivo dominio de la realidad de cada quien, al dominio de su propia sensibilidad.

...les idées sont des succédanés des chagrins; au moment où ceux-ci se changent en idées, ils perdent une partie de leur action nocive sur notre cœur, et même, au premier instant, la transformation elle-même dégage subitement de la joie.
...las ideas son sucedáneos de las penas; en el momento en que estas se convierten en ideas, pierden algo de su acción nociva sobre nuestro corazón e incluso, al primer instante, la misma transformación desprende súbitamente gozo.

Si je m'étais toujours tant intéressé aux rêves que l’ont a pendant le sommeil, n’est-ce pas parce que, compensant la durée par la puissance, ils nous aident à mieux comprendre ce qu’a de subjectif, par exemple, l’amour?
Si yo siempre me interesaba tanto en los sueños que se tienen al dormir, no es ello porque, compensando duración con poder, ellos nos ayudan a comprender mejor lo que tiene de subjetivo, por ejemplo, el amor?

Le rêve était encore un de ces faits de ma vie qui m’avait toujours le plus frappé, qui avait dû le plus servir à me convaincre du caractère purement mental de la réalité...
El sueño era también uno de esos hechos de mi vida que siempre me había atormentado al máximo, el que más debió haber servido para convencerme del carácter puramente mental de la realidad.

...nous ne voyions pas notre propre aspect, nos propres âges, mais chacun, comme un miroir opposé, voyait celui de l’autre.
(le cambio el tiempo verbal): no vemos nuestra propia apariencia, nuestras edades, sino que cada uno ve los del otro, como en un espejo.

...il en est de la vieillesse comme de la mort, quelques-uns les affrontent avec indifférence,   non pas parce qu’ils ont plus de courage que les autres, mais parce qu’ils ont moins d’imagination.
...igual la vejez que la muerte, algunos las encaran con indiferencia, no porque tengan más valentía que los demás, sino porque tienen menos imaginación.

...la vieillesse qui, de toutes les réalités, est peut-être celle dont nous gardons le plus longtemps dans la vie une notion purement abstraite...
...la vejez que, de todas las realidades, es quizá de la que guardamos por más tiempo en la vida una noción puramente abstracta...

La beauté des images est logée à l’arrière des choses, celle des idées à l’avant.
La belleza de las imágenes viene tras las cosas, la de las ideas las antecede.

Les souvenirs que nous avons les uns des autres, même dans l’amour, ne sont pas les mêmes. J’avais vu Albertine me rappeler à merveille tel parole que je lui avais dite dans nos premières rencontres et que j’avais complètement oubliée.
Los recuerdos que tenemos unos de otros, incluso en el amor, no coinciden. Yo había visto a Albertina recordarme sorprendentemente cierta palabra que le había dicho en nuestros primeros encuentros y que yo había olvidado por completo.

Il y a un côté de la guerre qu’il commençait à apercevoir, dis-je, c’est qu’elle est humaine, se vit comme un amour ou comme une haine, pourrait être racontée comme un roman, et que par conséquent, si tel ou tel va répétant que la stratégie est une science, cela ne l’aide en rien à comprendre la guerre, parce que la guerre n’est pas stratégique. L’ennemi ne connaît pas plus nos plans que nous ne savons le but poursuivi par la femme que nous aimons, et ces plans peut-être ne le savons-nous pas nous-mêmes.
Hay una faceta de la guerra que él había empezado a percibir, lo digo, y es que ella es humana, se vive como un amor o como el odio, podría narrarse como una novela y, en consecuencia, si uno u otro repiten que la estrategia es una ciencia, esto a nadie ayuda a comprender la guerra, porque la guerra no es estrategia. El enemigo no conoce nuestros planes más de lo que nosotros sabemos sobre el objetivo que persigue nuestra amada y esos planes quizá ni los sabemos nosotros mismos.

C’est que longtemps après que les pauvres morts sont sortis de nos cœurs, leur poussière  indifférente continue à être mêlée, à servir d’alliage, aux circonstances du passé. Et, sans plus les aimer, il arrive qu’en évoquant une chambre, une allée, un chemin, où ils furent à une certaine heure, nous sommes obligés, pour que la place qu’ils occupaient soit remplie, de faire allusion à eux, même sans les regretter, même sans les nommer, même sans permettre qu’on les identifie.
Mucho después de que los pobres muertos han salido de nuestro corazón sus cenizas indiferentes siguen mezcladas, aleadas, a las circunstancias del pasado. Y, sin amarlos ya, ocurre que al evocar una habitación, una calle, un camino donde estuvieron en cierto momento, nos vemos obligados, para llenar su lugar, a hacer alusión a ellos, aun sin extrañarlos, aun sin nombrarlos, aun sin permitir que se les identifique.

...nos plus grandes craintes, comme nos plus grandes espérances, ne sont pas au-dessus de nos forces, et nous pouvons finir par dominer les unes et réaliser les autres.
...nuestras más grandes penas, como nuestras más grandes esperanzas, no están más allá de nuestras fuerzas y podemos llegar a dominar las unas y realizar las otras.

Traducciones libres, con base en mi propia percepción de lo leído. Se aceptan correcciones y cuestionamientos.

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